Irvin Studin: « Quelle stratégie canadienne pour le 21e siècle? »

par Guillaume d. Renaud

Que l’on soit séduit par les idées de Irvin Studin ou non, il faut admettre que sa personnalité, tout comme son curriculum, est surprenante.

Il fut en effet chercheur et professeur dans de nombreuses universités mais aussi conseiller auprès du Bureau du Conseil privé à Ottawa ainsi qu’au cabinet et au département du premier ministre à Canbera en Australie. Il est finalement l’éditeur en chef du magasine Global Brief, le président du Institute for 21st Century Questions, l’auteur de nombreux articles et de quelques livres dont son dernier:

The Strategic Constitution – Understanding Canadian Power in the World (disponible au UBC Press, 2014).

La présentation qu’il offra lors de son passage à la Chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal se penchait donc sur la stratégie – ou plutôt l’absence de stratégie — du Canada au 21e siècle. 

L’idée centrale défendue par le conférencier se résume en l’importance d’élargir le spectre stratégique du Canada tout en insistant sur la formulation d’une stratégie plus précise… voir plus ambitieuse.
Comme le souligne Studin, le fait que Trudeau ait traité presque exclusivement de la question autochtone lors de son allocution à l’ONU en septembre dernier démontre de l’absence d’une stratégie géopolitique et diplomatique digne des grandes nations – groupe auquel le Canada aspire depuis longtemps. 

Bref, ce qu’il nous propose est une conception des affaires étrangères canadiennes en 4 points  « ACRE » et construite autour de la position du Canada face à 1) l’Amérique, 2) la Chine, 3) la Russie et 4) l’Europe. Les relations économiques sont forts importantes dans ce schème selon Studin et le manque d’experts au Canada sur les relations avec ces régions, et même entre ces régions, est fort problématique. 

Non seulement cela, le faible taux de bilinguisme et le déclin démographique* sont autant d’obstacles à l’élaboration et à la crédibilité d’une stratégie canadienne efficace.

Malgré bien des évidences et certains propos qui laissent perplexe, l’allocution de Studin aura bien eu le mérite de réitérer le manque d’envergure des affaires stratégiques canadiennes.

À propos de l’auteur

Guillaume d. Renaud a complété une maîtrise en science politique à l’Université de Montréal sous la direction de Théodore McLauchlin. Aujourd’hui il travaille chez TriCycle, une entreprise d’économie sociale concernée par le gaspillage alimentaire et qui s’implique dans l’élevage urbain d’insectes comestibles – un projet que Guillaume a également co-fondé. 

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